
domingo, 13 de junio de 2010
mapas flotantes

martes, 1 de junio de 2010
domingo, 23 de mayo de 2010
...

lunes, 17 de mayo de 2010
río Wang
.jpg)
jueves, 6 de mayo de 2010
océan

domingo, 25 de abril de 2010
domingo, 11 de abril de 2010
la vida...

lunes, 29 de marzo de 2010
ginkgo 3 [écriture automatique]

la robe folle d'une danseuse et les festons de l'air dans ses replis et ses godets comme des fées tissant la musique de la tramontane quand elle passe sur les chênes et que les noisetiers tremblent dans les bois, que les feuilles chuintent comme de l'or liquide entre les chemins de terre brune, que les branches se courbent comme des violons, envie de pleurer et de sourire avec les nuages et leurs ombres passantes entre les troncs rugueux où s'effilochent les bruits des fourmis et des taupes / la robe folle d'une danseuse qui fuirait aussi entre les ombres sources et les feux follets qu'allume un soleil blond et chatouilleux, et que je verrais passer sans les regarder dans les souffles de mon coeur fatigué sans ton regard sur lui, le désespoir de la plénitude où je me loge comme une autre intruse / la robe folle d'une danseuse et la friture sablée de son jupon qui frotte tendrement les mollets blancs et chauds et l'aident à tendre sous la musique blanche les fils blonds d'un réseau de cordes raides où flottent des équilibristes soyeux et fous, glissent leurs pieds-chaussons comme sur un fil de verre liquide aux sonorités d'oiseaux rares et de pleurs d'enfants / la robe folle d'une danseuse comme tes petits pas d'encre bleue sur les lignes imaginées d'un cahier de vie et de rires, d'histoires pour me faire peur et bonheur et tracer d'une plume d'air des signes d'émoi, de toi à moi, du dialogue muet et criard à la fois, rose, ajouré d'enfance et d'âges pas encore vêcus, tâtonnant dans l'obscurité des songes où je palpe et lèche ta peau de mandarine, couleur café et odeur de brumes tropicales, salée jusque dans l'obsession du désir / la robe folle d'une danseuse que le prince prit par le petit doigt et amena jusqu'au ciel pour lui montrer les estampes japonaises de son lit à baldaquin, deux sous le ciel azuré de soie et de lin, des étoiles dessinées sur le firmament blanc d'organdi bruissant sous la brise de la fenêtre ouverte sur le jardin, balcons sur la mer, sud ébloui d'une île inventée sans horizon et sans arbres, herbes de salître où se perdent les sons de tous les pas et les dentelles que tracent les pieds des derviches, tournant dans l'éblouissement du jour, jusqu'au soir fuyant dans le rouge du ciel enflammé / la robe folle d'une danseuse que tu connaîtrais dans les bars vulgaires du port, où les marins, bras nus et tatouages bleus, lui toucheraient le cul pour dire que c'est bon, que c'est à eux, que les femelles sont la porte mystérieuse de l'univers et que l'évasion de l'alcool ramène toujours à leurs gros seins et à leurs rondes fesses, panse généreuse du monde oú s'enfantent les humeurs sanguines des crimes de passion, les délires de l'oubli et les mirages de la possession, le cri sanglant de la rupture, la peur insurmontable de toutes les solitudes / la robe folle d'une danseuse, l'éventail projeté dans l'air chaud de velours jaune et mat, les côtes de melon qui parfument la salle ouverte au vent Pacifique, au brouillard suffoquant qui noie les sons et les couleurs de la journée finie et dure, l'étouffement de la nuit plongé dans la peur du ciel plombé de nuit sans étoiles, le sommeil pleurant la sueur du travail laissé pour demain et qui s'éveillera déjà essouflé et heurté de grincements humides / la robe folle d'une danseuse plongée dans la fraîcheur marine de ta voix, accroupie sous la tranquilité de tes caresses, pelotonnée au fond tout au fond de ta main qui dresse une barrière menue et presque impuissante, si puissante, entre le froid et son front de neige et de rose, quelque chose qui rappelle tous les plis feutrés d'une robe se dépliant sur le fond paisible des nuages et des forêts, des vagues, des vaches dans le pré, de l'enfant qui étudie et de l'ombre qui vit.
... la falda loca de una bailaora a quien conocerías en los bares vulgares del puerto, donde los marineros, brazos desnudos y tatuajes azules, le tocarían el culo para decir que está bueno, que es suyo, que las hembras son la puerta misteriosa del universo y que la evasión del alcohol devuelve siempre a sus gordas tetas y sus nalgas redondas, panza generosa del mundo donde se alumbran los humores sanguinos de los crímenes pasionales, los delirios del olvido y los espejismos de la posesión, el grito sangriento de la ruptura, el miedo insoportable a todas las soledades...
[extracto]
.
domingo, 21 de marzo de 2010
le verre

sábado, 13 de marzo de 2010
adjectifs qualificatifs

j'ai toujours aimé la grammaire, cette sorte de charte pleine de codes parfois tortueux où perdre son latin mais où gagner la limpidité d'un outil merveilleusement nécessaire, celui du langage.
j'adore les synonymes, les antonymes, les épithètes et les attributs —quel mot remarquable entre tous !—; la conjugaison et l'orthographe, ces nids de glissantes vipères et merveilleux bijoux, choux, genoux, hiboux...
mais ce que j’aime surtout, ce sont les adjectifs qualificatifs, ces petites entités qui en définissent d’autres, qui leur ajoute sensualité, discrétion, noirceur, éclat … ou les contredisent de manière flagrante, créant un ex-abrupt grinçant, unique, audacieux et séduisant.
parce qu'il est toujours attirant de transgresser les frontières.
siempre me ha gustado la gramática, esa especie de carta magna llena de códigos a veces tortuosos donde perder su latín pero ganar la limpidez de una herramienta maravillosamente necesaria, la del lenguaje.
adoro los sinónimos, los antónimos, los epítetos y atributos —¡qué palabra más remarcable!—; la conjugación y la ortografía, esos nidos de escurridizas víboras y maravillosas joyas.
pero lo que me gusta por encima de todo son los adjetivos calificativos, esas pequeñas entidades que definen otras pequeñas entidades, que les aportan sensualidad, discreción, negritud, brillo… o bien las contradicen de forma patente, creando un exabrupto chirriante, único, audaz y seductor.
porque siempre es atractivo transgredir las fronteras.
.
sábado, 6 de marzo de 2010
miércoles, 24 de febrero de 2010
eau de printemps nº 3

lunes, 8 de febrero de 2010
rutas de seda...

aprendo a ilimitar
lanzadas en el cielo en humosa claridad de nieve
todas las cercas de los verbos.
para ver en los mundos
todo el rostro oculto de mi mundo
sustituyo tu nombre
yendo a los olvidados pliegues de la tierra
decriptando
el ignoto trabajo de las patas que dibujan
rutas de seda en las arenas.
j'apprends à illimiter
lancées au ciel en fumeuse clarté de neige
toutes les enceintes des mots.
pour voir parmi les mondes
le visage entier et caché de mon monde
je remplace ton nom
en allant jusqu'aux plis oubliés de la terre
décryptant
la labeur ignorée des pattes qui dessinent
des routes de soie sur les sables.
.
lunes, 1 de febrero de 2010
d'autres sables

... mientras agito mis piernas en el perfil oscuro, llamando otra vez la luna lunática en la orilla arenosa del día, como si fuera a contestar, bajito, a los oídos del sueño que llevo entre mis brazos, acunándole, y que no se quiere dormir jamás.
... pendant que j'agite mes jambes dans le profil obscur, appelant à nouveau la lune lunatique sur la rive sableuse du jour, comme si elle allait répondre, doucement, à l'oreille du rêve que je porte entre mes bras, que je berce, et qui ne veut jamais s'endormir.
.
domingo, 24 de enero de 2010
la muerte de las flores

pleine lune entre les saules et un abandon de sel dans les yeux
je frôle le genou clair où reposent aussi
la mort des fleurs
et les tempes que marbrent les vins
je peux dire l'histoire des pas,
tandis que dormait la petite rive de l'eau,
et remémorer la longue embrassade des poissons.
je crois voir les mèches d'herbes coupées
dans la main ouverte des forêts
et reluire encore
les ongles mal coupés dans les pinceaux des vents.
lunes, 18 de enero de 2010
le buvard

j'ai toujours aimé les buvards, sans me préoccuper vraiment pour ce terrible qualificatif qui lui sert de nom. tout compte fait, il lui va bien, il pourrait même s'appeler poivrot, á la limite... vu que sa 'haute porosité' en fait un buveur no discriminatif, tout sauf éclectique: il absorbe de la même façon le gros pinard et le cru haut de gamme... et on ne s'en plaint pas au vu des résultats.
siempre me han encantado los secantes —en francés algo como 'bebedores' , con alguna connotación vulgar—, sin que me preocupara en exceso este terrible calificativo que le hace oficio de nombre. bien mirado, no le va mal, hasta podría llamarse borrachín... en vista de que su 'alta porosidad' hace de él un bebedor no discriminativo, todo menos ecléctico: absorbe lo mismo el tinto peleón y el caldo alto de gama... de lo que nos nos quejamos en vista de os resultados.

le buvard, l'ancien buvard des 'écoliers', le meilleur et, comme tel, celui qui a disparu de la circulation et qu'on ne trouve plus guère que dans les papeteries fânées, c'est un peu comme le détective d'une existence qui n'a pas vraiment vêcu; des essais, des râtés, des reprises et des échecs définitifs. bref, tout ce qui aurait pu constituer un autre parcours mais en est resté au stade de l'embryon, de l'idée, de l'élan. quelque chose aussi d'une double vie.
el secante, el antiguo secante de los colegiales, el mejor y, como tal, el que desapareció de la circulación y que no se encuentra más que en algunas papelerías 'fânées', es un poco como el rastreador de una existencia que no llegó a ser del todo; ensayos, fallos, nuevos intentos y fracasos definitivos. en resumen, todo lo que podría haber constituido otro itinerario pero se quedó en la fase de embrión, de idea, de impulso. algo también de doble vida.

et puis il y a quelquefois dans ces traces maladroites ou biffées une espèce d'oeuvre d'art du hasard, une sublime revendication de l'inconscient, une sorte d'écorchure toute nue sur un morceau de silence.
y luego se encuentra, a veces, en esos rastros torpes o tachados une especie de obra de arte del azar, una sublime reivindicación de lo inconsciente, une suerte de laceración desnuda sobre un trozo de silencio.
.
martes, 12 de enero de 2010
la dernière page

lunes, 4 de enero de 2010
couleurs

hay siempre un momento en que la luz recoge fuerzas antes de perderse, agudiza las puntas aceradas de sus flechas y dispara a la piel de las cosas, edificando alrededor suyo efímeros andamios de colores desmesurados.
al día no le gusta irse sin más, le encanta dejarnos ese recuerdo exuberante que nos permita confundir término y comienzo, que nos deje creer que todo empieza, aún en el mismo momento de morirse.
il y a toujours un moment où la lumière reprend des forces avant de se perdre, aiguise les pointes acérées de ses flêches et les lance sur la peau des choses, édifiant autour d'elles d'éphémères échafaudages aux couleurs démesurées.
le jour n'aime pas partir comme ça, tout simplement, il adore nous laisser ce souvenir exhubérant qui nous permet de confondre fin et commencement, qui nous laisse croire que tout commence, jusqu'au moment même de mourir.
.
martes, 22 de diciembre de 2009
viernes, 18 de diciembre de 2009
l'arbre rouge

domingo, 6 de diciembre de 2009
trajectoires

domingo, 29 de noviembre de 2009
self-portrait

j’ignore tout de la clarté,
jusqu’à son odeur d’âme
jusqu’aux bords de ses peurs,
possibles, égarées
dans une zone absolue de mon moi.
et s'il faut ignorer
j’ignore même la substance douce
des désirs minuscules
et encore la niaise suffisance
de l’émoi.
j’ignore le nom brave
que l’on donne à ces fils tendus
jusqu’à tous les extrêmes
ou qui ceignent l’abîme, les abîmes
et mon coeur.
ignoro todo de la claridad,
hasta su olor a alma
hasta los bordes de sus miedos,
posibles, extraviados
en una zona absoluta de mi yo.
por ignorar ignoro
hasta la sustancia dulce de
los deseos minúsculos
y aún la tonta suficiencia del sentir.
ignoro el nombre valiente
que se les da a esos hilos tensos
hasta cualquier extremo
o los que ciñen el abismo, los abismos
y mi corazón.
.
domingo, 22 de noviembre de 2009
itinéraires

© mgab. / Moleskine, pages intinéraires.
j'aime contempler les musiques diverses que tisse notre esprit dans le recueillement de la solitude, les pensées qui s'entrecroisent et finissent par tracer un itinéraire unique et obligatoire: là où je dois passer aujourd'hui, peut-être pas demain, mais aujourd'hui, le point précis où convergent toutes les routes possibles et qui séclaircit peu à peu, devient unique, indispensable.
la création artistique surgit d'une immense confusion que seul le temps peut décanter, polir, fabriquer et mettre au monde. la confusion, comme le chaos, est le bouillon de culture de toute existence.
me gusta contemplar las músicas diversas que teje nuestro espíritu en el recogimiento de la soledad, los pensamientos que se cruzan y terminan por trazar un itinerario único y obligatorio: ahí por donde debo pasar hoy, mañana tal vez no, pero hoy sí, el punto concreto donde convergen todas las rutas posibles y que se aclara poco a poco, se vuelve único, indispensable.
la creación artística surge de una inmensa confusión que sólo el tiempo consigue decantar, pulir, fabricar y alumbrar. la confusión, como el caos, es el caldo de cultivo de cualquier existencia.
.





