lunes 16 de noviembre de 2009

l'ombre

© mgab. / les bouteilles. Casa Velázquez, Madrid.




l'ombre n'est rien. rien qu'un trouble, une froissure dans la lumière. rien qu'un tremblement dans la poussière que distillent les instants.
l'ombre est un espiègle va-nu-pieds qui suit le monde à la sauvette. l'ombre est un singe apprivoisé, un timide effronté, un sourire goguenard derrière nos fières allures.
l'ombre joue dans ton dos, et s'y protège, et s'y complait.

la sombra no es nada. nada sino una turbación, una arruga en la luz. Nada más que un temblor en el polvo que destilan los instantes.
la sombra es un travieso descamisado que sigue el mundo de prisa y corriendo. la sombra es un mono domesticado, un tímido descarado, una sonrisa guasona detrás de nuestros soberbios andares.
la sombra juega detrás de tu espalda, y en ella se protege, y en ella se complace.



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domingo 8 de noviembre de 2009

Lorca

© mgab. / page Lorca, vieux cahier nº 1.



Lorca pleurait par les yeux de ses dessins. Pierrot-Lorca pleurait sur Granada et sur sa mort sans savoir, sans douleur, comme pour ajouter à ce flux le propre mouvement de son émotion, l'imprimer sur l'inquiétude de l'océan enfermé au profond du coeur.

Lorca pleurait pour tisser un rideau de pluie, capable de ne pas lui cacher le chemin qui mène à la mer, seulement capable de tracer un chemin praticable au milieu de l'immense sêcheresse du monde.

On ne sait où est le ciel, où n'est plus le ciel, où est déjà la mer, où la mer cesse d'être la mer et devient ce ciel de lumière sans étoiles.

On ne sait où est la mer, au-dessus du ciel inondé de lumière de sel, ou au-dessous de ce firmament échevelé et sauvage. L'air et l'eau, confondus, osmosés, symbiosés. invertis...



Lorca lloraba por los ojos de sus dibujos. Pierrot-Lorca lloraba por Granada y por su muerte sin saber, sin dolor, como para añadir a ese flujo el propio movimiento de su emoción, imprimirla sobre la inquietud del océano encerrado en lo profundo del corazón.

Lorca lloraba para tejer una cortina de lluvia, capaz de no taparle el camino hacia el mar, sólo capaz de trazar un camino practicable en medio de la inmensa sequedad del mundo.

No se sabe dónde está el cielo, dónde ya no está el cielo, dónde ya está el mar, dónde el mar deja de ser el mar y deviene en
este cielo de luz sin estrellas.

No se sabe dónde está el mar, encima de este cielo inundado de luz de sal, o debajo de este firmamento deshilachado y salvaje. El aire y el agua, confundidos, osmoseados, simbioseados, invertidos...




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domingo 1 de noviembre de 2009

la liberté

© Jordi Esteva. Derviche en éxtasis. Omdurman. Sudán.



la liberté?
¿la libertad?



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lunes 26 de octubre de 2009

la montagne sacrée

© mgab. / la montagne sacrée. 2009



on ne peut pas se promener impunément dans le monde, nos pas nous portent toujours vers quelque règne inconnu où bat un coeur splendide ou atroce, attendant une offrande improvisée, de sang parfois, ou de pleurs bien salés dans le meilleur des cas. la nature est un animal sauvage ingrat et tendre, et séducteur, et impitoyable.


no podemos pasearnos impunemente por el mundo, nuestros pasos nos conducen siempre hacia algún reino desconocido donde late un corazón espléndido o atroz, a la espera de una ofrenda improvisada, de sangre a veces, o de lágrimas bien saladas en el mejor de los casos. la naturaleza es un animal salvaje ingrato y tierno, y seductor, y sin piedad.



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jueves 15 de octubre de 2009

dans les plis de ta jupe

© mgab. / Miguel Hernández. du Livre rouge et bleu.



la muerte que se escribe
siempre temprana
en los destellos de la sangre

la mort vient blanche
qui craque dans les plis de ta jupe
au phoenix de ton front
à l'étoile jaune de ton sein


* * *

siento todas mis ataduras [M. Hernández]



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martes 29 de septiembre de 2009

Wabi Sabi

© Miroslav Tichy. fotografías.



"Le monde est plein sans moi, comme dans La nausée; il joue à vivre derrière une glace; le monde est dans un aquarium; je le vois tout près et cependant séparé, fait d'une autre substance..."
[Roland Barthes. Fragments d'un discours amoureux.]

"El mundo está lleno sin mi, comme en La nausée; juega a vivir detrás de un espejo; el mundo está dentro de un acuario; lo veo muy cercano y sin embargo separado, hecho de otra sustancia..." [Roland Barthes. Fragmentos de un discurso amoroso.]


Ces photos de Miroslav Tichy, dans la lignée de la philosophie japonaise du Wabi Sabi, sont pour moi le monde parfait vu par l'oeil imparfait, imprécis, indéfini et ignorant. Elles ont mis en cage un instant intime à l'intérieur d'une vie secrète, dérobé avec fruiction, avec dévotion. Elles sont le mystère de ce qui est autre, de ce qui vit dans l'aquarium, derrière la vitre invisible et inviolable.

Estas fotografías de Miroslav Tichy, muy en la línea de la filosofía japonesa Wabi Sabi, son para mi el mundo perfecto visto desde el ojo imperfecto, impreciso, indefinido e ignorante. enjaularon un instante íntimo dentro de una vida secreta, gozosamente, devotamente robado. son el misterio de lo otro, de lo que vive en el acuario, detrás del cristal invisible e inviolable.



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domingo 20 de septiembre de 2009

la route

© mgab. / Vivir ya detrás de todo..., del Livre rouge et bleu.



pour initier la route vers
l'intime finitude
où rien n'existe et tout

pour que d'autres savoirs envahissent

les mille renaissances

qui ne savent du temps


pour que le corps déjà

démembre ses avoirs

pour que dans le chaos

le moi s'effondre après le moi

et après toute chose.



por iniciar la ruta hacia
la íntima finitud
donde nada existe y todo

por que otros saberes invadan

los mil renacimientos
que no saben del tiempo


para que el cuerpo ya

desmembre sus haberes
para que en el caos

el yo se desmorone tras el yo

y tras todas las cosas.



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jueves 10 de septiembre de 2009

Noanoa

© Paul Gauguin / du journal Noanoa, voyage à Tahiti.




.... et dans cette forêt merveilleuse, dans cette solitude, dans ce silence, nous étions deux. Lui, un tout jeune homme et moi presque un vieillard. L'âme défleurie de tant d'illusions, le corps lassé de tant d'efforts et cette longue et cette fatale hérédité des vices d'une société moralement et physiquement malade...


... y en ese bosque maravilloso, en esa soledad, dentro de ese silencio, éramos dos. Él, extraordinariamente joven y yo casi un anciano, el alma desflorada de tantas ilusiones, el cuerpo cansado de tantos esfuerzos y esa larga y esa fatal herencia de los vicios de una sociedad moral y físicamente enferma...

[P. Gauguin. 1894)



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miércoles 2 de septiembre de 2009

summertime

© mgab. / lien.




on a refermé l'été. même si les dates ne correspondent pas tout à fait à ce blues intermittent qu'il nous laisse déjà, on a refermé l'été et sa porte de vieux bois derrière laquelle on imaginait une mer, même si elle n'y avait jamais été.


on a refermé l'été avec un lien fragile que n'importe quoi peut emporter, un bout de musique à deux sous qui nous laisse la voix maladroite des rêves coupés au réveil et qu'on cherche interminablement à recoudre dans les soubresauts de la mémoire.

on a refermé l'été. on a fabriqué vite fait une petite écuelle de plaisir à mettre sur la fenêtre et laper de temps en temps un arôme de fruit glacé qui ressemble à nos audaces, cette course inutile hors du temps qu'on croyait pour toujours, pour jamais plus, pour un an prochain...



hemos cerrado el verano. aún si las fechas no corresponden del todo con ese blues intermitente que ya nos deja, hemos cerrado el verano y su puerta de madera vieja tras la que imaginábamos un mar, aunque no hubiese estado nunca.

hemos cerrado el verano con un lazo frágil que cualquier cosa puede llevarse, un trozo de música de pacotilla que nos deja la voz torpe de los sueños cortados al despertar y que intentamos interminablemente coser otra vez en los sobresaltos de la memoria.

hemos cerrado el verano. hemos fabricado a toda prisa una pequeña escudilla de placer para poner en la ventana y lamer de cuando en cuando un aroma de fruta helada que se parece a nuestras audacias, esa carrera fuera del tiempo que creíamos para siempre. para nunca más. para un año que venga...



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domingo 23 de agosto de 2009

the border line

© mgab. / the border line. le livre bleu et rouge.




je tisse une passion du temps
pas encore sagesse.
jamais la trace d'un enfant
—son regard bleu
à en dévier l'autre enfant le possible—
n'évite un cerf qui meurt
dans l'absolu silence.

je tais un cri
bleu rouge étincelant et pauvre
cependant.



tejiendo una pasión del tiempo
no sabio todavía.
nunca la huella de un niño
—su mirada azul
hasta vencer el otro niño el posible—
aparta un ciervo que se muere
en el absoluto silencio.

ahogando un grito
azul y rojo brillante y pobre
sin embargo.



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viernes 14 de agosto de 2009

no hunger

© mgab. / no hunger. collage. 2009



tengo que esperar tus días, pequeño saltamontes
cuando no te inunde más este vacío
ni la fruta deshecha inmadura
se corrompa en tu sien

puedo esperar todas las horas
deseando que abras
otra vez los párpados, los herméticos labios
y la piel de tu frente desgarrada ahora
por tanta mala sal

hay un dolor atroz de tu vida en la mía
pequeño saltamontes hay un dolor inmenso

aun así la alegría
de sentirte otra vez enlazado
un instante
a mi árbol



Je devrai attendre les jours, petite sauterelle
où ne t'inonde plus ce vide
où le fruit immature et défait
arrête de corrompre tes tempes

je peux attendre toutes les heures
avec le seul désir de voir
à nouveau s'ouvrir tes paupières, tes lèvres scellées
et la peau de ton front maintenant déchirée
par tant de mauvais sel

il y a une douleur atroce de ta vie dans la mienne
petite sauterelle, une douleur immense

mais encore un bonheur
de te sentir à nouveau enlacé
un instant
à mon arbre



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jueves 6 de agosto de 2009

06.08.1945

© Joe O'Donnell. Nagasaki, 1945.




Hiroshima, Nagasaki. hay cosas que conviene no olvidar nunca.

almost blues...



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miércoles 29 de julio de 2009

la corteza de las palabras / l'écorce des mots

© mgab. / cahier de dessin page 3.




¿Qué recelan las sombras
donde los ojos construyen
la hermosa alcoba del silencio,
el diario infinito de la luz acabada
el espesor suave del paso olvidado
en el temblor de hierba
ya serena,
el ave equivocada por debajo del cielo
el ave que no sabes...?


que cachent donc les ombres
là où l'oeil édifie
la belle chambre du silence,
le journal infini de la lumière éteinte
l'épaisseur douce de ce pas oublié
dans un tremblement d'herbe

apaisée déjà,

cet oiseau fourvoyé au-dessous du ciel

l'oiseau que tu ne sais...?



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jueves 23 de julio de 2009

human thoughts

© mgab. / Human thoughts vs animal being (tributo a Plata de Palo). collage, 2009.




Soy vertical
pero preferiría ser horizontal.
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Esta noche, bajo la luz infinitesimal de las estrellas,
los árboles y las flores han derramado sus olores frescos.
Camino entre ellos, pero no se dan cuenta.
A veces pienso que cuando estoy durmiendo
me debo de parecer a ellos a la perfección —
oscurecidos ya los pensamientos.
Para mi es más natural estar tendida.
Es entonces cuando el cielo y yo conversamos con libertad,
y así seré útil cuando al fin me tienda:
entonces los árboles podrán tocarme por una vez, y las flores tendrán tiempo para mi.



Je suis verticale
mais je préfèrerais être horizontale.
..............
Ce soir, sous la lueur infinitésimale des étoiles,
les arbres et les fleurs ont versé leurs fraîches odeurs.
je marche au milieu d'elles, mais elles ne s'en rendent pas compte.
Je pense quelquefois que dans mon sommeil
je dois leur ressembler absolument —
une fois assombries les pensées.
Il est plus naturel pour moi d'être étendue.
c'est alors que le ciel et moi parlons en liberté,
et il en sera ainsi le jour où je me coucherai enfin:
les arbres pourront pour une fois me toucher, et les fleurs pourront me consacrer un peu de temps.


I Am Vertical

But I would rather be horizontal.
I am not a tree with my root in the soil
Sucking up minerals and motherly love
So that each March I may gleam into leaf,
Nor am I the beauty of a garden bed
Attracting my share of Ahs and spectacularly painted,
Unknowing I must soon unpetal.
Compared with me, a tree is immortal
And a flower-head not tall, but more startling,
And I want the one's longevity and the other's daring.

Tonight, in the infinitesimallight of the stars,
The trees and the flowers have been strewing their cool odors.
I walk among them, but none of them are noticing.
Sometimes I think that when I am sleeping
I must most perfectly resemble them--
Thoughts gone dim.
It is more natural to me, lying down.
Then the sky and I are in open conversation,
And I shall be useful when I lie down finally:
Then the trees may touch me for once, and the flowers have time for me.



(Sylvia Plath)



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jueves 16 de julio de 2009

la nacre noire

© mgab. / Cabo de Gata, cerca de los Genoveses.





los pies que levantan la arena de nácar
negro
y van hasta las siestas del mediodía,
dormidas bajo la duna que mueve
sin cesar sus olas.
las patas de un insecto escritas,
todavía, antes del viento,
en el de las hierbas.
P. nada largo tiempo en otra memoria,
G. también que deriva
como una resaca.
las naranjas son un sabor infinito entre la sed.
B. el bereber está contando, y es
como si se callara al tocar
tan poco
el silencio.


les pieds qui soulèvent le sable en
nacre noire
et vont jusqu’aux siestes du midi,
dormies sous la dune qui bouge
sans cesser ses vagues.
les pattes d’un insecte écrites, encore,
avant le vent,
dans celui des herbes.
P. nage longtemps dans une autre
mémoire, G. aussi qui dérive
comme un ressac.
les oranges sont un goût infini entre la soif.
B. le berbère raconte et c’est comme
s’il se taisait
tellement il touche, peu,
le silence.



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jueves 9 de julio de 2009

desde la alameda...

© mgab. / desde la alameda. cahier de dessin.




...encima de los tres picos, si buscas entre la claridad última, siguiendo el hilo de araña entre la luna y donde desaparece el sol, encuentras el clavo estrellado y brillante de Júpiter. por debajo están las líneas diáfanas de las montañas envueltas en el resplandor malva, todo superposición de velos neblinosos de infinitos matices. los picos jóvenes se suavizan como bajo un pincel japonés y se desdibujan las texturas hasta parecer otros cielos en cascada hacia arriba. paseo por esa cenefa invertida sobre el infinito con imperceptibles pies y recojo el azulado mundo en mis ojos, casi bajo mis manos. la luna incompleta es como el alabastro de una ventana abierta sobre la espalda del cielo, agujero mágico por donde podría asomarme a las otras galaxias quietas de la noche. aquí todavía está la cola del día arrastrándose despacio entre los bastidores oscuros de los montes, entre sus faldas de gasa...


...au-dessus des trois pics, si tu cherches dans la clarté ultime et tu suis le fil d'araignée entre la lune et là où disparait le soleil, tu trouves le clou étoilé et brillant de Jupiter. en dessous apparaissent les lignes diaphanes des montagnes enveloppées dans le resplandissement mauve, tout en superposition de voiles brumeux aux nuances infinies. les jeunes pics s'adoucissent comme sous un pinceau japonais et les textures se diffuminent jusqu'à ressembler à un autre ciel en casacade vers le haut. je me promène sur ce liseré inversé avec d'imperceptibles pieds et recueille en mes yeux le monde bleuté, presque sous mes mains. la lune incomplète est comme l'alabastre d'une fenêtre ouverte sur le dos du monde, brèche magique par où pouvoir me pencher sur les autres galaxies tranquilles de la nuit. là, la queue du jour est encore en train de se traîner lentement entre les coulisses obscures des monts, entre leurs jupes de gaze...



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jueves 2 de julio de 2009

cartas de amor

@ mgab. / cartas de amor. Collage, 2009.




si on écrit des cartes d'amour, si on calligraphie soigneusement et incessamment le mot amour, si on crie les deux syllabes d'amour sur tous les toits, si on pense très fort jusqu'à inventer de nouveaux mots d'amour, si on cultive l'amour dans son potager, si on rêve aux visites que fait l'amour au fin fond des prisons...
peut-être cela suffit-il à gommer une seconde de stupidité, qui sait...


si escribo cartas de amor, si caligrafío cuidadosamente e incesantemente la palabra amor, si grito las dos sílabas de amor a todos los vientos, si pienso con todas mis fuerzas hasta inventar nuevas palabras de amor, si cultivo el amor en mi huerto, si sueño con las visitas que hace el amor en lo más recóndito de las prisiones...
tal vez sea suficiente para borrar un segundo de estupìdez, quién sabe...



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martes 23 de junio de 2009

empreintes

© mgab. / empreintes (rencontre Picasso-I. Muñoz). collage, 2009.



diluyo en mi
armas, soledades
mezo la frente
íntima de los sueños
atiendo gozos, como
nocturnas travesías de ti.

je dilue en moi
armes, solitudes
et je berce le front
intime des songes
je réponds aux plaisirs, comme
de nocturnes traversées de toi.



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viernes 19 de junio de 2009

Vicente Ferrer

© Jesús Martínez Salaverri. s/t. India, otoño 2008.




fulgor delgado entre la lluvia
del alma honda
y callada


mince éclat entre la pluie
de l'âme profonde
et silencieuse


(a Vicente Ferrer, in memoriam, y a todos los miembros de su Fundación en Anantapur, India)



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domingo 14 de junio de 2009

el granado rojo

© mgab. / del Cahier de dessin, Mila et moi. dibujo. Ronda, 2003.





millones de silencios en éste
conmigo dentro
con el llanto avivado en el granado rojo y
la pequeña comba de su fruto
con dos aletas blancas del cuerpo mío abierto
en mariposa por tu voz
viva muerte volando
con el olor de la higuera a su sombra azul devuelta
mil silencios cogidos a la brizna del aire
por las hierbas
conmigo dentro
contigo dentro y los acantos.


des millions de silences dans ce silence
et moi dedans,
et les pleurs avivés dans le grenadier rouge et
la coupelle de son fruit,
et deux nageoires blanches à mon corps, tel
un papillon qu'ouvrirait ta voix
vivante mort qui vole,
et l'odeur du figuier rendu à l'ombre bleue,
mille silences qu'accrochent quelques herbes
à ce brin d'air,
et moi dedans
et toi dedans et les acanthes.



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